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Le buron de Margemont (Molèdes) retenu par la "Mission patrimoine 2021"
Le buron de Margemont (Molèdes) retenu par la
LOTO DU PATRIMOINE

Le buron de Margemont situé sur la commune de Molèdes au sud-est du Cézallier va bénéficier d’une aide à sa restauration grâce au Loto du patrimoine 2021. Le buron en très mauvais état fait partie des 12 projets retenus en Auvergne-Rhône-Alpes par la "Mission patrimoine" appelée aussi "Mission Bern".

Le 30 août la Fondation du Patrimoine a dévoilé les 100 sites et monuments historiques qui bénéficieront d’une aide financière pour engager des travaux de restauration dans le cadre de la « Mission patrimoine » aussi appelée « Mission Bern ». Les fonds proviennent notamment des tickets et jeux à gratter du Loto du patrimoine mis en vente par la Française des Jeux (FDJ) à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2021.

 

Parmi les 12 projets retenus de la Région Auvergne-Rhône Alpes, figure le buron de Margemont situé sur la commune de Molèdes dans le Cantal. C’est le deuxième buron cantalien à bénéficier d’une aide à la restauration dans le cadre de la « Mission Bern » après la restauration du védélat du buron de Cassaïre sur la commune de Mandailles-Saint-Julien, retenu en 2018.

 

Seul buron sur la commune de Molèdes,le bâtiment édifié en 1906, assez représentatif des burons à védélat intégré en hauteur, est implanté sur le bord Sud-Est des estives du Cézallier à 1279m d’altitude non loin du point culminant du Pays de Massiac, aux Brèches volcaniques de Giniol (1307m).

 

On trouve un nombre important de burons de ce type dans le Cézallier. Il s’agit d’un buron dont l’unité de base fromagerie-cave se trouve sur un même niveau. Se superpose le védélat, l’étable à veaux, qui donne au buron un aspect vertical. La plupart de ces bâtiments possèdent des espaces nuits à l’étage pour l’équipe de buronnier, une importante évolution pour les conditions de vie des hommes à l’aube du 20ème siècle. C’est le cas du buron de Margemont avec la particularité d’avoir un escalier à l’extérieur du bâtiment. Deux autres modèles sont également présents sur le Cézallier : buron à védélat séparé, buron à védélat intégré à terre.

 

Le buron de Margemont constitue un lieu de mémoire à double titre. C’est d’abord un témoin d’une ancienne activité pastorale emblématique du Cantal et notamment du Cézallier. Chaque année pendant l’estive (de la saint-Urbain le 25 mai à la saint Gérault le 13 octobre), une équipe de trois ou quatre buronniers y logeaient et y fabriquaient le fromage « Cantal » issu de la transformation du lait de deux traites quotidiennes des vaches Salers, jusque dans les années 1960.

 

C’est aussi un lieu témoin de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. En 1944 le buron fut un maquis-relais mis en place par les Résistants de Massiac à la demande des chefs de la Résistance d’Auvergne. D’avril à juin 1944 il fut un lieu de passage pour 3000 combattants volontaires . Le vaste buron a surtout servi à opérer un tri parmi les volontaires qui répondaient à l’appel de « Levée de masse » lancé par les chefs de la Résistance. Une halte au buron permettait de prendre un peu de repos avant de rejoindre le Mont Mouchet en Margeride. « Les combattants volontaires, dont beaucoup arrivaient au buron à vélo, étaient surtout originaires du bassin minier de Brassac et de Montluçon » se souviennent les témoins des villages environnants. Le ravitaillement était assuré par la population et par de rares parachutages alliés. Ils étaient logés sommairement durant quelques jours dans les granges et les autres bâtiments proches des villages de Vins-Haut et du Bosberty (commune d’Anzat-le-Luguet), en attendant leur départ, à pieds, vers les réduits du Mont-Mouchet ou de la Truyère ». Le maquis du Mont-Mouchet, l’un des cinq grands maquis de France, avait pour instruction de retarder par tous les moyens la jonction des troupes allemandes du sud avec celles de Normandie, afin de faciliter l’avance des Alliés. Ce haut lieu de rassemblement de Résistants et de réfractaires au STO sera attaqué par l’armée Allemande les 10 et 11 juin 1944 provoquant la dispersion des combattants.

 

Une restauration urgente

 

Comme de nombreux burons du Cantal, celui de Margemont est en train de disparaître. Le toit en ardoise de Lozère, un mur, ainsi que les loges à cochons sont d’ores-et-déjà effondrés. L’objectif du propriétaire est de sauver de la disparition ce témoin de l’histoire. Les travaux seront repartis en trois temps de septembre à décembre 2021. Les murs en pierres effondrés seront repris à l’identique. La charpente à couple sera remplacée à identique. Enfin, la couverture en ardoise de Lozère sera également refaite sur le modèle de celle d’origine.

 

Au regard de sa situation géographique, son accès difficile et la présence autour de lieux de pâturage d’estive non clôturés, il est difficile d’envisager d’ouvrir le buron largement au public. Toutefois, le site sera accessible au public ponctuellement, lors par exemple des commémorations en hommage aux anciens combattants et aux résistants ou dans le cadre de projets scolaires pédagogiques.

 

L’Association patrimoniale intercommunale Cézallier vallée de la Sianne fera prochaimement des propositions pour redonner une vie épisodique à ce beau lieu du Cézallier présent sur son territoire d’intervention et qui représente un indéniable témoignage culturel, social et historique dans le Cantal.